Anniversaire – 10 ans de festival

2014 : année de la « continuité dans la lancée »

 

Membre fondateur du Festival sans nom en charge de la programmation des auteurs, le Mulhousien Hervé Weill sort la boîte à souvenirs. Retour en avril 2014, où l’insouciance des débuts laisse place à un stress bénéfique et à un souci constant de l’accueil.

Vous avez voulu quoi, pour cette deuxième édition ?

Ce n’est pas toujours facile de se souvenir… Ce qu’on voulait, c’était recréer l’ambiance qu’on avait eue en 2013. On s’est dit que l’accueil, c’est tout ce qui compte. Il faut qu’on se fasse une réputation, que les gens soient bien accueillis, qu’ils aient envie de venir chez nous. Et puis s’ils sont bien accueillis, ils vont en parler.

C’était la première fois de Stéphane Bourgoin, en tant que parrain…

Je l’avais vu, un peu comme tout le monde, à la télévision. Stéphane Bourgoin, c’est ou alors c’était, je ne sais pas comment le dire, le spécialiste des tueurs en série [il a depuis reconnu son « imposture »]. Quand lui accepte de venir chez nous, qu’il dit oui de manière assez simple, on se dit qu’on va faire quelque chose autour des tueurs en série, ça paraissait évident. Bourgoin, ça a en tout cas été un fidèle du festival, quelqu’un qui l’a toujours défendu.

Vous aviez par ailleurs proposé au public une « nuit des serial killers » au cinéma Le Palace…

Un événement que Stéphane Bourgoin organisait depuis quelques temps un peu partout en France. C’était lui qui nous avait fourni les films, certaines interviews qu’il avait faites. Et c’est lui qui a animé cette soirée, bien que je ne pense pas qu’il soit resté toute la nuit.

Une anecdote, quelque chose d’insolite que l’on n’avait pas relevé à l’époque, qui ne pouvait pas être écrit alors qu’aujourd’hui, il y a prescription ?

On avait invité l’auteur Donato Carrisi, qui avait accepté, tout en se disant ‘‘c’est énorme, un grand auteur italien de polars va venir chez nous !’’. On lui a envoyé les billets de train et, à notre grande déception, il n’est jamais venu. Il n’est pas monté dans le train, on n’a jamais su pourquoi. Il y en a eu d’autres comme ça, qui ne sont jamais montés dans le train.

Après l’année de la « feuille blanche », cette édition 2014, ce serait l’année de quoi ?

Je dirais qu’il y a une forme de continuité, ne serait-ce que parce qu’Ellory revient, tout comme Dominique Sylvain qui est aussi une grande auteure. Donc il y a des personnes à qui le festival a plu. Et puis on invite Bourgoin qui, en 2014, est quelqu’un de très important dans le milieu du crime. Ça a attiré du monde. Je crois qu’on était beaucoup dans le stress et qu’on s’est mis plus de pression, en créant plus d’animations, que ce soit dans le train avec notre partenaire SNCF, à l’arrivée des auteurs ou place de la Réunion. Un peu d’insouciance est partie. On commence aussi à penser qu’il y aura une troisième édition et qu’il faut faire les choses différemment. On a continué sur notre lancée, ce serait donc l’année de la continuité dans la lancée.

Propos recueillis par Pierre Gusz

Photo L’Alsace/Vincent Voegtlin

herve weill
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