Anniversaire – 10 ans de festival

2018 : l’année de la foule

Membre fondateur du Festival sans nom, en charge de la programmation des auteurs, le Mulhousien Hervé Weill sort la boîte à souvenirs. Retour en octobre 2018, une sixième édition « sans nom mais pas sans public », avec un parrain qui « pose son festival » et un branle-bas de combat inattendu autour d’une valise.

Cette année-là, le parrain du festival se nomme Franck Thilliez. Un très grand nom du polar français et une bénédiction pour vous…

Une bénédiction ? Je prends. C’est vrai qu’avoir Franck Thilliez au Festival sans nom, ça pose quand même son festival, ça donne de la crédibilité, ça nous met un peu de pression parce qu’on ne connaît pas le personnage personnellement. Quand on annonce ça sur les réseaux, à nos partenaires, les gens sont contents, ça a de la gueule. Tous les grands noms, on cherche à les faire venir, on se dit pourquoi pas… Tant que ce n’est pas non, c’est oui !

« Sans nom mais pas sans public », avait-on titré lors de cette édition. Il y avait du monde à la Société industrielle de Mulhouse et un public semble-t-il rajeuni…

On a travaillé de plus en plus étroitement avec la Ville de Mulhouse, ça fait partie de ses missions d’intéresser le jeune public à la lecture. Nous, on ne peut pas intéresser ceux qui ne lisent pas, mais les professeurs, eux, aiment bien varier les plaisirs de la littérature avec quelque chose de plus fun comme le polar. On a aujourd’hui un partenariat pérenne avec les collèges. En ce qui concerne le public, c’est vrai qu’on a eu beaucoup de monde, dès le samedi matin. C’est une particularité chez nous : on n’a pas forcément de monde le dimanche, et encore ça a changé, mais dès l’ouverture, il y a un monde fou. La grande salle de la Sim paraissait, par moments, avoir rétréci.

Est-ce qu’après les cinq premières éditions, l’équipe d’organisateurs et de bénévoles s’est étoffée ?

Il y a toujours du va-et-vient et un noyau dur d’organisateurs. Les bénévoles, c’est quelque chose dont on a besoin parce qu’on a de plus en plus de monde et il nous faut des gens pour nous aider. Il y a de plus en plus de volontaires, certains nous sollicitant avant parce qu’ils ont envie de revenir, année après année. C’est vraiment bon signe, ça veut dire que notre manifestation est sympa aussi de l’intérieur.

Une anecdote, quelque chose d’insolite, que l’on n’avait pas relevé à l’époque ?

Personne n’a pu la relever, celle-là, parce qu’elle s’est passée en off, mais c’est du off qu’on peut raconter ! Ce qui s’est passé, c’est qu’à l’arrivée du train, les auteurs parisiens arrivant tous ensemble le vendredi en fin d’après-midi, René Manzor est descendu du train… mais pas sa valise. Et pour compliquer les choses, le train partait en Suisse. Il était vraiment dépité, c’est le moins que l’on puisse dire. C’était le branle-bas de combat pour essayer de voir comment on pouvait faire pour retrouver cette valise. On a un interlocuteur qui est la SNCF, Anne Corbé en particulier, qui s’est démenée, qui a passé des coups de fil et qui a été sacrément efficace car, deux heures plus tard, la valise était là. Alors évidemment, c’est le genre de truc qui est drôle pour les gens autour, donc René Manzor s’est un petit peu fait chambrer par tous les autres auteurs… Apparemment, ce n’est pas son coup d’essai.

Comment qualifierais-tu cette édition 2018, en fin de compte ?

S’il faut dire l’année de quelque chose, disons l’année de la foule. Je ne dirais pas la foule en délire mais quand même, il y a eu pas mal de monde et c’était vraiment sympa.

Propos recueillis par Pierre Gusz
Photo L’Alsace/Darek Szuster

Retour sur dix ans de Festival sans nom (6/10)

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