Anniversaire – 10 ans de festival

2013 : l’année de la « feuille blanche »

 

Membre fondateur du Festival Sans Nom en charge de la programmation des auteurs, le Mulhousien Hervé Weill sort la boîte à souvenirs. Retour en 2013, pour évoquer une première édition qui démarrait alors place de la Réunion, entre la librairie Bisey, le temple Saint-Etienne et l’hôtel de ville.

Te souviens-tu dans quel état d’esprit tu te trouvais, la veille ou les jours précédant cette première édition ?

Il y avait une excitation énorme. On était très contents de pouvoir enfin commencer ce festival au vu de la préparation en amont, parce que la préparation, c’est bien, mais on avait envie de passer aux actes. Une grande excitation, donc, et puis de la peur aussi : on se demandait si ça allait marcher, si le public allait être au rendez-vous, si ça allait plaire aux auteurs. On partait vraiment d’une feuille blanche. Mais j’ai quand même bien dormi la veille du festival !

C’était une première, un pari. Comment as-tu vécu ce week-end là ?

Nous autres organisateurs, étant dans le cœur du réacteur, on s’est rapidement aperçus qu’il y avait beaucoup de manques, beaucoup de travail pour que ce festival ressemble à quelque chose. En même temps, quand les auteurs sont repartis, qu’on les a raccompagnés à la gare le dimanche soir,  il y a eu un coup de blues phénoménal. On était exténués et super tristes à la fois. Parce qu’on  venait de vivre quelque chose de très, très fort et que l’ambiance était quand même vraiment bonne.

Est-ce que vous pensiez, avec les autres organisateurs, que Mulhouse pouvait devenir la capitale du polar en Alsace ?

On ne s’est jamais posé la question et n’était pas l’idée. L’idée, c’était de faire quelque chose qui nous intéressait, où on se faisait plaisir, où on passait un bon moment. Et je ne pense pas que quelqu’un se soit posé, à ce moment-là, la question de ce que ça allait devenir plus tard. En tout cas pas moi.

Une anecdote, quelque chose d’insolite que l’on n’avait pas relevé à l’époque, qui ne pouvait pas être écrit alors qu’aujourd’hui, il y a prescription ?

Ce n’est pas quelque chose de sulfureux mais le soir de l’inauguration, le vendredi à l’hôtel Mercure, on était parti sur un buffet dînatoire et on n’avait pas prévu assez de chaises. Il n’y avait pas encore l’habitude de l’organisation de ce genre d’événement. Un des auteurs nous a alors dit : « votre festival, ça ne commence pas très bien. On pourrait presque l’appeler le festival sans chaise. » Bon, ça ne nous a pas trop plu, mais ça nous a quand même bien fait rire. Et surtout, ça nous a amenés à pas mal de réflexions, en se disant qu’il y avait encore du boulot.

Justement, qu’est-ce qui n’allait pas du tout et qu’il fallait rectifier, en vue des éditions suivantes ?

Le dimanche, nous n’avions pas prévu de séance de dédicaces. Juste un buffet dînatoire au cinéma Le Palace. Et on s’est aperçus que ça ne marchait pas. Les auteurs avaient l’impression d’être restés une soirée pour rien. Nous avions juste programmé un film, basé sur l’un des romans de Dominique Manotti. On pensait que ça suffirait à occuper les gens alors que pas du tout. Les auteurs auraient préféré rentrer chez eux, tandis que le public n’avait pas du tout été au rendez-vous au cinéma. Pendant longtemps, d’ailleurs, on a eu des problèmes pour faire venir les gens le dimanche. Ça a été un de nos soucis récurrents.

Propos recueillis par Pierre Gusz

Photo L’Alsace/Vincent Voegtlin

herve weill

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