L’entretien du mois : Cédric Sire

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Crédit photo © : Orlanda De Castro

L’arrivée d’un nouveau roman de Cédric Sire est toujours un événement. « La saignée » l’est d’autant plus que l’auteur a changé de maison d’édition. Désormais chez Fayard, Cédric est particulièrement enthousiaste quant à son nouvel ouvrage sorti le 29 septembre, qu’il présentera au Festival Sans Nom.

Nouvel éditeur, nouvelle aventure ?

Chaque roman est forcément une nouvelle aventure pour moi, car je m’efforce de toujours me réinventer. Mon précédent ouvrage, sur le mythique festival de metal Hellfest, était ainsi un beau livre, et il a paru aux éditions Gründ car il s’agissait de l’éditeur idéal pour une telle publication.

Cette fois, ce sont les éditions Fayard qui ont été séduites par le manuscrit et qui m’ont ouvert les bras. Je n’aurais pu rêver trouver meilleur éditeur pour ce récit que cette belle et grande maison. Sans compter que mon éditrice, Alexandrine, m’a prodigué de précieux conseils et a entre autres su mettre le doigt sur des tics d’écriture que je ne parvenais pas à gommer, et a su élever la qualité du roman à son potentiel maximum.

Quels sont les sujets abordés dans La Saignée ?

La question des rapports entre hommes et femmes, me semble-t-il, y joue un rôle important. C’est également un roman sur l’obsession et les questions de choix. À quel moment choisissons-nous d’être victime ou bourreau ? C’est, pour moi, le vrai sujet au cœur du livre. J’y évoque un site internet, une « red room », où des internautes peuvent participer à de la torture en direct, en donnant des ordres en temps réel. Jusqu’à la mise à mort… C’est une légende tenace du Dark Web, je tenais à l’aborder à ma manière.

Est-ce qu’on retrouve toujours ce qui fait ta patte où y a-t-il des changements dans ton écriture ?

C’est probablement mon roman le mieux écrit. Avec la période de confinement, j’ai pris mon temps pour le travailler avec soin ! Je le considère comme mon récit le plus profond et le plus psychologique, aussi. Je me suis investi dans chacun des personnages pour qu’il sonne juste, et qu’on se pose les mêmes questions qu’eux. J’ai toujours écrit des histoires qu’on ne peut lâcher. Je promets que celle-ci ne déroge pas à la règle !

Un conseil de livre que tu as particulièrement aimé récemment ?

Je suis en pleine lecture de « Feu » de Maria Pourchet. Rien à voir avec l’univers du thriller, donc, mais je comprends l’immense engouement pour ce roman. Il est hypnotique. Et c’est la qualité essentielle que je recherche dans un livre, à une époque où notre attention est sans cesse fragmentée par mille distractions. Pour moi, un bon livre doit être comme une drogue.

Un autre concernant la musique ?

Eh bien, ce n’est pas une nouveauté, pour le coup, et bien loin du rock, qui demeure ma musique de prédiction, mais depuis peu j’écoute en boucle l’intégrale de la (très riche) BO de l’anime Cowboy Bebop. Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas cette série, il s’agit d’un des anime les plus célébrés, et à raison, il est terriblement marquant. Il m’a littéralement fissuré le cœur, je devrai désormais en porter le poids. Et sa bande-son est, elle aussi, pour reprendre ce que je disais sur « Feu », purement hypnotique.

Tu es toujours très attendu au Festival Sans Nom, as-tu un message pour tes fans ?

Je suis le premier impatient de pouvoir, enfin, retrouver tous les lecteurs et lectrices dans des conditions de salon ! Je compte déjà les jours, je suis certain que cette édition sera exceptionnelle ! Et plus, le dimanche sera le jour de mon anniversaire ! Nous verrons si je recevrais de beaux cadeaux ! (Rires)

Entretien par Hervé Weill

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